Nanterre : après la chute de trois balcons, les Provinces-Françaises dans la peur

Publié le par CNL-Nanterre

Plusieurs locataires de cet ensemble de logements sociaux, qui fait l’objet d’importants travaux de rénovation, confient leur crainte d’aller sur leurs balcons après que trois d’entre eux sont tombés mardi

« Je ne sais pas si je vais prendre le risque d’aller sur ma loggia… Et dans les autres bâtiments, les gens ont peur d’aller sur leur balcon ! » Monique vit depuis trente-six ans dans la cité des Provinces-Françaises, à Nanterre, au cinquième étage du bâtiment « Lorraine » où trois balcons se sont décrochés, mardi après-midi, alors que des ouvriers intervenaient sur cet immeuble en rénovation.

« Le balcon du 7e et dernier étage a cédé, il est tombé sur celui du 6e qui a cédé également, et ils ont arraché dans leur chute celui du 5e étage qui est resté accroché, explique Thierry Desfresnes, directeur de l’office municipal HLM de Nanterre, propriétaire de cette résidence. Un service spécialisé des pompiers (NDLR : le Groupement d’intervention en milieu périlleux (GRIMP)) a dû intervenir jusque tard dans la soirée pour décrocher le balcon du 5e, qui a été enlevé à l’aide d’une grue que le groupement GTM-Bâtiment, en charge du chantier, a fait venir en urgence. »

Très spectaculaire, l’incident n’a heureusement pas fait de victimes. Mais les esprits sont marqués. « Depuis mardi, tout le monde a peur car on a tous les mêmes balcons, et qu’il n’est pas prévu d’autres travaux au-delà d’un simple ragréage et du changement des garde-corps », précise un père de famille. Qui rappelle tous les problèmes et nuisances subis par les locataires depuis le début du chantier : inquiétude à propos du désamiantage, poussières, fuite de gaz et autres problèmes électriques

« Ils font du neuf avec du vieux : sur mon balcon, ils ont remis un peu de ciment, un coup de peinture et c’est tout, s’inquiète Mme Saker, qui vit depuis 1988 dans la cité. Ça fait vraiment rafistolage. Et, depuis, j’ai des infiltrations et la peinture part déjà en miettes. » Datant des années 1950, l’ensemble de huit bâtiments et 488 logements fait en effet l’objet d’une réhabilitation en depuis 2012. Ce dans le cadre d’une vaste opération comprenant notamment la démolition de 172 appartements et la construction de 64 maisons individuelles sur le toit des immeubles.

« Je travaille dans le bâtiment, mon fils aussi, et nous constatons que ce chantier n’est pas sécurisé, que les murs ne sont pas testés, qu’il y a eu des infiltrations dans la structure en béton après l’ouverture des façades (NDLR : pour créer des loggias), c’est devenu dangereux », assure Monique, actuellement en procédure avec son bailleur.

« Le balcon n’est pas tombé tout seul, estime de son côté Thierry Desfresnes. Il y a une enquête de police, nous avons de notre côté mandaté une expertise à un cabinet spécialisé pour connaître les circonstances de cet accident, les assurances feront de leur côté leur propre expertise. Et un courrier sera déposé dans la boîte des locataires ». Et de préciser que « des mesures supplémentaires ont été prises : les fenêtres donnant sur les balcons ont été condamnées, en enlevant la clenche et en posant des planches de bois sur les vitres. »

Florent Hubin

Article du Parisien libéré du 21 mars

Publié dans déclarations locales

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