Réponse de Habiba Bigdade, candidate du Parti Socialiste

Publié le par CNL-Nanterre

Madame, Monsieur,

 

Tout d’abord merci de l’intérêt que vous portez aux programmes des candidats, qui devraient être à mon sens plus souvent au coeur des débats de ces élections. Je vais donc vous répondre point par point à travers le programme que je porte, qui reprend lui-même celui de la plate-forme programmatique socialiste pour les élections législative de juin prochain :

 

  • Pour ce qui est de l’encadrement des loyers mis en place par la loi ALUR, il va de soi qu’elle n’est qu’un début. Les problématiques que vous soulevez dans votre manifeste sont fondamentales. Trop de loyers ne sont pas encore encadrés comme il se doit. C’est pourquoi je pense qu’il est primordial de l’étendre géographiquement déjà à toutes les métropoles comme cela est inscrit dans mon programme. Mais il convient également de renforcer le dispositif et ce notamment en direction d’une meilleure évaluation des prix (qui doivent être révisés régulièrement pour ne pas se baser sur les prix les plus hauts que nous avons pu connaitre ces dernières années) dans le but de rendre ce dispositif le plus juste possible.
  • L’idée de mixité sociale est primordiale dans mon engagement. La ville de Nanterre a, à ce titre, réussit dans certains quartiers à initier des dispositifs favorisants une mixité certaines en installant des HLM en plein coeur du centre-ville favorisant ainsi la rencontre des différentes couches sociales. De plus le terme que vous utilisez dans votre manifeste de « parking social » semble primordial. Les logements sociaux ne sont pas des « parkings sociaux » et il va de soi que les logements sociaux ne peuvent et ne doivent pas devenir des « Ghettos de pauvres comme cela est parfois énoncé dans le débat public » au contraire il doit en ressortir un mélange. Néanmoins les différents scandales sur les logements sociaux mettent en lumière les limites ce ceux-ci. Étant tout de même réservés aux gens dans le besoin, il va de soi qu’une personne à hauts revenus ne peut résider dans un HLM alors que comme vous le soulignez près de 2 millions de personnes sont aujourd’hui dans l’attente d’un logement social.
  • Tout d’abord le constat que vous dressez est le bon. La santé est un droit primordial et le logement, qui n’est parfois pas autant considéré comme tel, l’est tout autant. Ainsi il va de soi qu’aider les personnes en position d’expulsion pour des raisons personnelles (chute des ressources ou autre) semble important et même primordial. Mais mettre en place une sécurité sociale du logement, idée louable et ingénieuse, ne peut se faire en un jour. Ce genre de dispositif de couverture globale des risques sur une population prend du temps à mettre en place et si sur le papier les ressources pécuniaires de votre couverture sociale semble les bonnes il va de soi qu’il faudra avant tout réunir les partis dans une démarche de dialogue social pour envisager une telle mesure.
  • Si l’on se réfère au programme de Benoit Hamon à la présidentielle, à la plateforme programmatique socialiste pour les élections législatives et au mien, on notera la place prépondérante qui est laissée à l’investissement. Tout d’abord l’idée est de relancer la construction de logements sociaux à travers la mobilisation des crédits de l’État. La seconde idée que nous plaçons au centre de nos préoccupations est le plan national de rénovation énergétique. Il s’agirait d’aider et donc allouer des subventions directes de l’État pour aider les ménages à rendre les logements plus viables économiquement et écologiquement parlant. On voit donc que la tendance serait de notre côté à une inversion de la baisse que vous évoquez tout en la dépassant et en satisfaisant une autre de vos préoccupation : l’environnement.
  • Il convient de préciser ici les buts de la loi Pinel. Vous citez de manière directe la loi Pinel qui subventionne les propriétaires bailleurs privés. Mais il ne s’agit pas de donner de l’argent purement et simplement. Il s’agit aussi d’un contrat passé avec le bailleur, qui s’engage à louer au minimum pendant 6 ans en tant que résidence principale à un locataire. Ceci encourage donc la stabilité des logements locatifs qui est à mon sens un enjeu primordial pour satisfaire les locataires. Néanmoins il s’agit d’encadrer plus efficacement le dispositif. Autrement dit je pense que ces aides fiscales vont dans le bon sens si les contreparties sont véritablement appliquées et donc véritablement contrôlées. L’incitation (qui doit rester contrôler dans son application) est souvent plus vitalisante pour la démocratie et le dialogue social que la contrainte.
  • L’enjeu que vous pointez ici est en fait la stabilisation des locations c’est à dire réussir à faire éviter les itinérances locatives (tous les ans par exemple). Évidemment que nous soutenons les démarches allant dans le sens de cette stabilisation des contrats locatifs sur le long terme ce qui passe par la limitation des loyers pour éviter de prendre à la gorge les locataires par exemple.
  • La démocratie sous toutes ses formes est un enjeu central de notre programme. Benoît Hamon déjà proposait de remettre la démocratie citoyenne au coeur de l’enjeu public. Ceci passe à mon sens par un désir des pouvoirs public de ressouder les citoyens au niveau local, en soutenant par exemple les circuits courts. La plateforme programmatique socialiste pour les élections législatives reprend le terme de « diversité des formes de consultation citoyenne » ce qui inclue de renforcer les dispositifs de participation existant comme par exemple les « conseils citoyens » que vous mentionnez. De plus je crois profondément à la démocratie de quartier, soutenant moi-même un bon nombre d’initiatives locales dans ma circonscription.
  • L‘explosion des frais bancaires est un problème et ce en particulier pour les petits revenus. C’est pourquoi je soutiens qu’il faudrait plafonner ces frais bancaires pour les petits revenus. Mais comme je le disais précédemment, la contrainte est souvent complexe à mettre en place. C’est pourquoi à mon sens il s’agit d’un problème plus général que le simple plafonnement des frais bancaires mais il s’agit bien plus de moraliser les pratiques bancaires, problème qui touche alors plus largement non seulement le secteur immobilier mais aussi beaucoup d’autres secteurs et qui nécessite donc un grand dialogue social.

 

C’est avec plaisir que j’ai pu répondre à vos questions. L’enjeu du logement est politiquement et personnellement un enjeu qui me touche et il est toujours stimulant de se pencher sur des problématiques spécifiques et d’y disserter ses solutions. Je me tiens à votre disposition pour de plus amples informations.

 

Je vous prie d’agréer mes salutations distinguées.

 

Cordialement

 

Habiba BIGDADE

 

Publié dans déclarations locales

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