Logements sociaux : ce que proposent les candidats à la présidentielle

Publié le par CNL-Nanterre

Jean-Luc Mélenchon en construirait 200.000 par an. Benoît Hamon se contenterait de 150.000, dont 130.000 à "bas loyer". Le candidat PS piocherait dans les poches du Scellier et créerait une taxe sur les transactions et les logements "haut de gamme" pour remplir le fonds des aides à la pierre. Emmanuel Macron concentrerait les aides de l’Etat sur les logements sociaux aux plus faibles loyers. Il souhaite aussi "accélérer la mobilité" au sein du parc social, tout comme François Fillon qui instaurerait pour cela un bail de 6 ans aux locataires. Le candidat de Les Républicains pense aussi qu'il serait bon de "réserver le logement social à ceux qui le méritent vraiment".

L’Union sociale pour l’habitat (USH) a organisé, le 29 mars, des auditions des représentants des candidats à l’élection présidentielle. Quatre représentants des candidats se sont succédé pour présenter durant une heure leurs propositions et échanger avec les représentants du Mouvement Hlm réunis en assemblée générale. L'USH en a fait un résumé dans un communiqué de presse. Ces rencontres avec les porte-paroles ont été filmées et les vidéos seraient prochainement mises en ligne sur le site www.ouiaulogementsocial.org où figure d'ores et déjà une analyse des programmes.
Il apparaît que tous les candidats disent oui au logement social. Un "oui mais" plus exactement. En voici une lecture de gauche à droite.

Jean-Luc Mélenchon : renforcer les sanctions des communes trop faiblement dotées

Leïla Chaïbi et Jean-Pierre Coulomb, représentants de Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise, ont avancé l'idée d'un plan d’éradication du logement insalubre, de renouvellement urbain et de construction de 200.000 logements sociaux par an en renforçant les sanctions des communes trop faiblement dotées en parc social (loi SRU). Ils proposent également d'inscrire le droit au logement dans la Constitution. Ils veulent interdire les expulsions locatives sans relogement et mettre en place une garantie "réellement" universelle des loyers (ainsi que le prévoyait initialement le projet de loi Alur).

Benoît Hamon : taxer les logements "haut de gamme"

Daniel Goldberg, député de Seine-Saint-Denis et rapporteur de la loi Alur, représentant Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste et des écologistes, a indiqué vouloir "en finir avec le logement rare et cher". L' objectif de 150.000 logements sociaux par an est avancé mais avec 130.000 qui seraient "à bas loyer" (PLUS, PLAI). Il a expliqué la possibilité de porter les aides à la pierre à 1 milliard d’euros par an, en mobilisant les marges budgétaires actuellement utilisées pour le financement du dispositif Scellier, et en créant une nouvelle contribution prélevée sur les transactions et les logements "haut de gamme". Il propose de développer l’aide aux maires bâtisseurs "tout en veillant plus strictement à la mise en oeuvre des orientations des PLH". Il propose que le Nouveau Programme national de renouvellement urbain (NPNRU/Anru 2) soit doté de 10 milliards d’euros par une remobilisation de l’Etat (pour rappel, le PNRU est aujourd'hui doté de 6 milliards d'euros sur 10 ans, dont 5 milliards d'euros apportés par Action Logement et 1 milliard d'euros venant du budget de l'Etat).

Emmanuel Macron : concentrer les aides d'Etat sur les logements aux faibles loyers

Le candidat de En marche ! est également favorable à la mobilisation de 10 milliards d’euros pour le NPNRU. Mais ce serait pour lui par un abondement d’Action Logement. Le représentant d'Emmanuel Macron, Christophe Castaner, député des Alpes-de-Haute-Provence, a par ailleurs défendu un "choc de l’offre de logements" avec, pour ce qui concerne le parc social, la concentration des aides de l’Etat sur les logements aux plus faibles loyers. Il envisage, dans les zones tendues, "l’accélération de la mobilité" au sein du parc social. Il s’est également engagé à ouvrir une "réflexion" sur une remise à plat de l’encadrement des loyers (dispositif introduit par la loi Alur et partiellement démantelé sous le gouvernement Valls) et à ce qu’il n’y ait pas de nouvelles normes de construction sur le quinquennat.

François Fillon : baisser les plafonds de ressources et instaurer un bail de 6 ans

Le représentant de François Fillon, candidat de Les Républicains, entend également lutter contre les normes. Geoffroy Didier, vice-président de la région Île-de-France, chargé du Logement et de la Politique de la ville, est convaincu que la simplification des normes associée à la lutte contre les recours abusifs permettrait d'alléger les contraintes pesant sur l'investissement dans le logement et ainsi d'augmenter l’offre de logements et de maîtriser les prix. Il estime nécessaire de "réserver le logement social à ceux qui le méritent vraiment". Il propose de baisser les plafonds de ressources, de favoriser la mobilité par l’instauration d’un bail de 6 ans donnant lieu à un réexamen périodique de la situation des locataires dans le parc social. Il est favorable au développement de la vente des logements Hlm à leurs locataires. Il souhaite également faire de l’intercommunalité l’échelon compétent en matière de politique de l’habitat et de la commune l’échelon compétent en matière d’attributions de logements sociaux.
"La candidate Marine Le Pen a été invitée par un courrier comme les autres candidats, mais elle n’a pas répondu à notre invitation", nous a précisé l'USH. L'Union ne souhaitait d'ailleurs pas vraiment ouvrir un débat sur le principe d'introduire une quelconque "préférence nationale" dans le processus d'attribution des logements sociaux. 

Publié dans revue de presse

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