Un français sur 5 a du mal à se chauffer

Publié le par CNL-Nanterre

20 % des ménages français peinent à payer leurs factures d'énergie. Un chiffre en hausse de 50 % depuis 2008.
Un constat d'échec. 12,2 millions de personnes -- soit près de 1 Français sur 5 -- vivent actuellement en situation de précarité énergétique en France, selon les premiers résultats d'un rapport de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et du Centre scientifique du bâtiment, qui devrait être dévoilé cet automne. Or, en 2008, on ne comptait « que » huit millions de personnes (3,8 millions de ménages) éprouvant des difficultés à chauffer leur logement.
Cela représente donc une augmentation de près de 50 %, en seulement quelques années. Pour
l'Ademe, cette hausse considérable a une explication logique. « Nous avons ajouté deux autres critères à sa définition, précise-t-on à l'Agence. Celui qui consistait à ne retenir que le dépassement des 10 % du revenu disponible pour ses dépenses de chauffage ne suffisait pas. Car des personnes se privaient justement de chauffage pour ne pas dépasser ce plafond. Nous avons donc ajouté le ressenti au froid et retenu les personnes ayant des revenus bas. » En outre, la crise économique de 2008 et la hausse des prix de l'électricité et du gaz sont passés par là. En 2015, les aides au paiement des factures des tarifs sociaux de l'électricité et du gaz se sont élevés à 450 M€. Quoi qu'il en soit, le gouvernement entend poursuivre la lutte dans ce domaine. L'objectif est de rénover 500 000 logements par an — 380 000 dans le privé et 120 000 dans le parc public — entre 2017 et 2020. Dont la moitié occupée par des familles aux revenus modestes. Au final, la précarité énergétique devrait baisser de 15 % ! Des expérimentations ont déjà été menées, comme la rénovation de 288 000 logements du
parc privé, achevée en 2014.
Le chèque énergie a été lancé dans quatre départements
De même, 170 000 ménages se chauffant également au bois et au fioul bénéficient déjà d'un chèque énergie dans quatre départements pilotes (Ardèche, Aveyron, Côtes- d'Armor et Pas-de-Calais) : 144 € par an par exemple pour une personne isolée avec un revenu fiscal annuel de 5 300 € ou 227 € pour un couple avec enfants déclarant 10 000 € par an. L'expérience devrait être généralisée en 2018.

Des mesures suffisantes ? A voir. Selon le Secours populaire, le problème de la précarité énergétique « est plus global » : Les personnes que nous aidons ont coupé le chauffage depuis longtemps parce que, sans revenus, leur priorité est de manger, relate Anthony Marque, secrétaire de l'association, qui verse chaque année environ 1 M€ aux fournisseurs d'énergie pour aider des ménages en détresse à régler leurs factures.
La deuxième phase de l'Observatoire national de la précarité énergétique, lancée aujourd'hui par les ministres de l'Environnement et du Logement, Ségolène Royal et Emmanuelle Cosse, doit permettre de mieux cerner ce problème et d'y apporter des solutions adaptées.
15 juin 2016

Publié dans revue de presse

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